Dans un monde où les géants technologiques dominent le secteur de l’intelligence artificielle avec des modèles souvent opaques, centralisés et alimentés par des données personnelles, une entreprise suisse vient de poser un jalon significatif : Infomaniak a officiellement lancé EURIA, une intelligence artificielle conçue pour répondre à un besoin fondamental de notre époque: la souveraineté numérique.
EURIA n’est pas une simple alternative à ChatGPT ou à Gemini. Elle est une réponse politique, technique et éthique à la question : Comment construire une IA qui respecte les droits des utilisateurs, l’environnement et l’indépendance technologique de l’Europe ?
Une IA née en Suisse, pour les Européens et pas ailleurs
EURIA est développée, hébergée et maintenue entièrement en Suisse, dans les datacenters d’Infomaniak, situés à Genève. Ces infrastructures sont 100 % alimentées par de l’énergie renouvelable locale (principalement hydroélectrique) et l’excédent thermique généré par les serveurs est valorisé pour chauffer des foyers résidentiels voisins, dans le cadre d’un partenariat avec la commune de Genève.
Selon les données publiées par Infomaniak en 2025, 87 % de l’énergie consommée par ses datacenters provient de sources renouvelables locales, contre une moyenne européenne de 42 % selon Eurostat. Cette performance énergétique n’est pas un détail : elle fait d’EURIA l’une des IA les plus écologiques du marché.
L’IA repose sur des modèles open source, notamment Qwen3, développé par Alibaba mais librement accessible et modifiable. Infomaniak a choisi ce modèle pour sa performance en langues européennes, sa transparence et sa capacité à être adapté localement — sans dépendance à des acteurs étrangers.
Confidentialité absolue : aucune donnée conservée, jamais
Le principe fondateur d’EURIA est simple : aucune donnée de l’utilisateur n’est stockée, ni utilisée pour l’entraînement du modèle.
Contrairement à la plupart des assistants IA grand public (dont les conversations sont souvent conservées pendant des mois, voire des années, pour améliorer les modèles ou alimenter des publicités ciblées) EURIA fonctionne en mode “stateless”. Chaque interaction est éphémère. Une fois la réponse générée, tout est effacé.
Cette approche répond directement aux exigences du RGPD (Règlement général sur la protection des données) et va même au-delà. En 2024, une étude de l’Université de Zurich a montré que 92 % des utilisateurs européens se disaient préoccupés par la manière dont leurs données sont utilisées par les assistants IA. EURIA est conçue pour apaiser cette inquiétude.
« Nous ne voulons pas être un outil de surveillance », explique Marc Oehler, fondateur et CEO d’Infomaniak. « Nous voulons être un outil de service. Si vous posez une question à EURIA, elle vous répond et c’est tout. Rien n’est retenu, rien n’est analysé, rien n’est revendu. »
Une architecture conçue pour l’indépendance technologique
Infomaniak, fondée en 1990, est une entreprise indépendante, détenue à 40 % par ses propres employés et financée exclusivement par ses clients. Elle ne dépend d’aucun investisseur extérieur, ni d’aucune subvention publique. Cette structure lui permet de prendre des décisions techniques sans pression commerciale.
EURIA est intégrée nativement aux services phares d’Infomaniak :
- Infomaniak Mail : pour une assistance par e-mail, sans quitter votre boîte de réception.
- kDrive : pour analyser, résumer ou organiser des documents stockés dans le cloud.
- kChat : pour des conversations collaboratives en équipe, avec un assistant IA disponible en temps réel.
Selon les chiffres publiés par Infomaniak en 2025, plus de 250 000 utilisateurs particuliers et 12 000 entreprises utilisent déjà ses services de messagerie et de stockage. EURIA est désormais disponible pour tous ces utilisateurs, sans coût supplémentaire pour les abonnements existants.
Ethique, locale, autonome, les cinq piliers d’EURIA
Le nom EURIA n’est pas un simple acronyme marketing. Il incarne cinq valeurs fondamentales :
- Ethique : pas de biais algorithmiques non corrigés, pas de publicité, pas de profilage.
- Universelle : disponible en français, anglais, allemand, italien et espagnol, avec des améliorations continues pour les langues régionales.
- Responsable : empreinte carbone mesurée et minimisée, énergie verte, valorisation thermique.
- Indépendante : pas de dépendance à des acteurs étrangers, pas de cloud public tiers.
- Autonome : développement, maintenance et hébergement entièrement en Suisse.
Ces principes ne sont pas des slogans. Ils sont inscrits dans l’architecture technique d’EURIA. Par exemple, le modèle Qwen3 a été optimisé pour fonctionner avec des ressources limitées, afin de réduire la consommation énergétique. Les serveurs utilisés pour EURIA consomment en moyenne 30 % moins d’énergie que les serveurs standards utilisés par d’autres fournisseurs d’IA, selon une analyse interne d’Infomaniak.
Pour qui ? Pour quoi ?
EURIA s’adresse à trois types d’utilisateurs :
- Les particuliers soucieux de leur vie privée, qui veulent un assistant IA sans surveillance.
- Les entreprises, notamment les PME et les start-ups qui cherchent à se conformer au RGPD tout en bénéficiant des avantages de l’IA.
- Les institutions publiques: écoles, hôpitaux, administrations, qui doivent garantir la souveraineté de leurs données.
Contrairement à d’autres assistants IA, EURIA ne génère pas d’images, ne crée pas de fichiers, ne publie pas de contenus. Son rôle est purement conversationnel : répondre à des questions, rédiger des textes, aider à organiser des tâches, résumer des documents — toujours de manière factuelle, neutre et transparente.
Un exemple concret : un utilisateur peut demander à EURIA de résumer un rapport PDF stocké dans kDrive, ou de rédiger un e-mail professionnel à partir d’une liste de points. L’IA exécute la tâche, puis efface toutes les traces de l’interaction.
Un défi européen : peut-on construire une IA souveraine ?
Dans un contexte où l’Europe peine à créer ses propres géants technologiques et où les réglementations comme l’AI Act tentent de rattraper le retard, EURIA représente un modèle à suivre.
Selon une étude de la Commission européenne publiée en 2024, seulement 12 % des entreprises européennes utilisent des outils d’IA développés en Europe, contre 68 % qui dépendent de solutions américaines ou chinoises. EURIA vise à inverser cette tendance.
« Nous ne voulons pas concurrencer les GAFAM », insiste Boris Siegenthaler, directeur stratégique d’Infomaniak. « Nous voulons leur montrer qu’il existe une autre voie, une voie où l’IA n’est pas un outil de contrôle, mais un levier d’émancipation. »
Accès et tarification : transparence totale
EURIA est accessible gratuitement pour les utilisateurs des services Infomaniak — Infomaniak Mail, kDrive et kChat sans coût supplémentaire. Pour les utilisateurs extérieurs, un abonnement mensuel est prévu à partir de 9,90 CHF, avec un engagement de transparence totale sur les conditions d’utilisation.
Aucun freemium trompeur, aucune publicité, aucun paiement caché. Le modèle économique repose sur la confiance : si vous utilisez EURIA, vous savez exactement ce que vous obtenez et ce que vous ne donnez pas en retour.
Et maintenant ?
EURIA est déjà opérationnelle pour les utilisateurs d’Infomaniak. Une version publique, accessible à tous, est prévue pour le premier trimestre 2026. Des partenariats sont en cours avec des universités suisses et européennes pour intégrer EURIA dans les environnements d’apprentissage toujours avec la même garantie de confidentialité.
Pour les entreprises intéressées, Infomaniak propose des solutions sur mesure, avec des accords de traitement des données conformes au RGPD et à la loi suisse sur la protection des données.
Conclusion : une IA qui ne vous surveille pas — mais vous sert
EURIA n’est pas une IA parfaite. Elle ne génère pas d’images, ne crée pas de vidéos, ne compose pas de musique. Elle ne cherche pas à impressionner. Elle cherche à servir avec respect, avec transparence, avec responsabilité.
Dans un monde où les données sont devenues la nouvelle monnaie, EURIA rappelle une vérité simple : l’intelligence artificielle ne devrait pas vous surveiller. Elle devrait vous aider.
Et si la souveraineté numérique a un nom, en 2025, c’est peut-être celui-là : EURIA.

